Les origines de la France.
La préhistoire.

La Préhistoire ou ère quaternaire

Nous y sommes encore aujourd'hui

C'est la période qui a vu l'apparition de l'Homme sur la terre.
Le plus célèbre de tous, l'Homme de Cro-Magnon, retrouvé en D
ordogne (en France), avait près de 40 000 ans


On l'a nommé l'Homo Sapiens parce qu'il a de la mémoire
, il parle, il a des mains habiles, il cueille des fruits, des baies sauvages, des champignons, il chasse et il sait faire du feu.

Aujourd'hui, les travaux d’Anne Dambricourt-Malassé (du CNRS et de l’Institut de Paléontologie Humaine du Laboratoire de Préhistoire du Muséum National d’Histoire Naturelle), nous amènent des informations de la plus haute importance concernant l'apparition de l'homme sur la terre.

Ses travaux ont d'ailleurs déclenché, en France, un important débat sur la nature des processus qui surviennent au cours de l’évolution.

Les travaux se décomposent en deux découvertes et une théorie.

La première découverte, c’est que la bascule de la partie postérieure du crâne est commandée par l’enroulement du tube neural (voir fig.1) et non par la locomotion bipède comme on l’a toujours cru. Plus ce tube s’enroule, dans les premiers stades embryonnaires, plus la bascule est importante. Le processus qui se répercute sur les tissus règle aussi les rapports entre la face et la base du crâne, c’est lui qui fait apparaître le petit vide symphysaire que nous avons tous au milieu du menton et qui n’existe chez aucun singe actuel ou passé.

Il s’agit d’un fait objectif que chacun peut vérifier, et qui est d’une grande importance pour notre compréhension de l’apparition des hominidés avec le cou basculé et le retrait du prognathisme (la contraction qui fait que nous sommes les seuls primates à avoir les dents sous le front).

Si la première découverte concerne le développement de l’embryon, la deuxième concerne les fossiles. Si l’on prend certaines mesures en trois dimensions sur les crânes des ancêtres de l’homme, ceux-ci se répartissent automatiquement en 6 grandes catégories (cf figure 2), chacune correspondant à un "palier de contraction".

A partir de ces deux découvertes, il est possible d’ébaucher une théorie concernant l’évolution qui a mené à l’homme. Celle-ci est non graduelle.
On passe sans intermédiaire d’un palier de contraction embryonnaire à un autre, chaque palier étant défini par une embryogenèse fondamentale.
Elle est fondamentale en ce qu’à partir d’une même embryogenèse, le "modèle" peut varier (telles des berlines qui peuvent devenir des coupés ou des breaks tout en gardant la même base) et cette évolution peut être graduelle, darwinienne et contingente.
Par contre, entre un grand singe anthropoïde et un australopithèque apparaît une nouvelle embryogenèse, et la théorie avance que cela ne peut se faire que par une refonte du plan d’organisation qui intègre les fondements de l’ancien plan.
Il n’y a là rien de subjectif, c’est l’interprétation la plus logique à partir du moment où les faits montrent que les fossiles rentrent d’eux-mêmes dans des "boîtes" correspondant aux "paliers" et qu’aucun ne se situe dans une position intermédiaire.

La théorie se fonde également sur le constat que la succession des plans d’organisation évolue toujours de la même façon, celle d’une "contraction cranio-faciale" avec un enroulement du tube neural plus important.
C’est le signe de l’existence d’un phénomène qui ne doit rien au hasard des explications darwiniennes classiques.
En effet, on peut observer (cf fig. 2) un processus, qui, pendant 60 millions d’années et quelles que soient les innombrables modifications de l’environnement que traversent les espèces qui le portent, se répète comme induit par un déterminisme interne.
Il est également remarquable que ce processus aille en s’accélérant, l’arrivée d’un nouveau palier de contraction mettant toujours moins de temps pour apparaître que celui dont il est issu.

Comment ne pas penser, devant ce que nous montre cette étude des fossiles, que nous pouvons bien être en face d’un phénomène possédant une logique interne et échappant à la contingence dont on voudrait faire la maîtresse du champ de l’évolution biologique ?
Comment ne pas voir la portée et l’importance potentielle de ce "nouveau regard" posé sur nos origines ?

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